Soutien à la recherche

Le cancer chez les jeunes

Chaque année, 3500 jeunes sont touchés par un cancer avant l’âge de 25 ans.

Le cancer est un groupe de maladies caractérisées par la prolifération de cellules cancéreuses. Ces cellules, initialement normales, ont acquis un certain nombre de caractéristiques telles que la capacité à se multiplier indéfiniment et de manière incontrôlée, la capacité à échapper au système immunitaire normalement chargé d’éliminer toutes les cellules anormales ou encore à être très instables et immortelles.

La multiplication de ces cellules défectueuses donne naissance à des tumeurs malignes qui se développent et envahissent les tissus de l’organe dans lequel elles sont nées et peuvent également envahir les tissus voisins. De plus, certaines cellules cancéreuses passent dans les vaisseaux sanguins ou lymphatiques et colonisent dans d’autres organes pour créer des cancers secondaires, les métastases.

Cependant, bien que nous parlions « du cancer », il existe en fait de très nombreux types de cancers différents, qui ont chacun leurs caractéristiques propres. Ces maladies ne répondent pas aux mêmes traitements et le traitement doit donc toujours être adapté aux caractéristiques particulières du cancer donné.

Le cancer, c'est quoi ? 👇

Soutenir la recherche chez Aïda

Si la recherche avance et si les chercheurs se mobilisent au quotidien, les traitements laissent encore beaucoup de séquelles et affectent ainsi les jeunes dans la durée : fertilité, mobilité, fatigabilité post-cancer… L’enjeu est de guérir plus et de guérir mieux les jeunes.

 

Aïda soutient l’engagement de la jeunesse dans les sciences. Dans ce cadre, nous lançons chaque année avec notre Conseil Médical et Scientifique un appel à projet pour soutenir des bourses de thèses et ainsi valoriser l’engagement de futurs docteurs qui dédieront eux aussi, à leur tour, leur vie aux cancers des jeunes.

 

Les jeunes thésards s’engagent avec Aïda dans les écoles et auprès des patients pour parler de leur métier et vulgariser la science, notamment via la série Enfile ta Blouse.

En savoir plus sur le cancer

Quand on parle de l’origine d’un cancer, on cherche en réalité à savoir pourquoi un cancer se développe chez une personne plutôt qu’une autre. Diagnostiquée dès l’Antiquité par Hippocrate, le cancer naît de plusieurs anomalies à l’intérieur d’une cellule. On dit que le cancer est une maladie multifactorielle : c’est-à-dire qu’il n’y a pas une seule cause mais plusieurs.

Il existe d’abord des facteurs extérieurs auxquels nous sommes exposés. On sait que les causes de certains cancers sont à rechercher dans nos habitudes de vie et notre environnement. C’est surtout le cas chez les adultes. S’exposer au soleil de manière prolongée sans protection augmente le risque de cancers de la peau par exemple. L’alcool et le tabac sont aussi des causes majeures. L’exposition à l’amiante, impliqué dans les cancers respiratoires, ou encore les microbes, peut augmenter le risque de survenue d’un cancer.

Dans tous les cas, ces facteurs vont abîmer une molécule capitale située au cœur de chacune de nos cellules : l’ADN.

L’ADN, c’est l’équivalent d’un gros disque dur qui pilote le fonctionnement de chacune de nos cellules. Le soleil, le tabac, l’alcool, les polluants endommagent ce disque dur, comme des micro-rayures. Celles-ci peuvent provoquer la transformation d’une cellule normale en cellule cancéreuse.

Mais notre environnement n’est pas le seul facteur à l’origine des cancers. Il existe aussi des causes internes. L’origine des cancers est parfois génétique : il existe une anomalie dès le départ dans notre ADN, une erreur souvent accidentelle de copie du disque dur en quelque sorte.

Et puis parfois, on ne sait pas exactement pourquoi une cellule devient cancéreuse. D’ailleurs, on ne connaît pas réellement l’origine des cancers chez l’enfant. On pense que les cancers de l’enfant pourraient commencer à se développer très tôt, et même pendant le développement embryonnaire. Au cours de cette période, les cellules se multiplient abondamment. On pense que parfois, une cellule pourrait garder cette capacité à se multiplier. Ces cellules ne sont pas forcément cancéreuses, elles peuvent hiberner, jusqu’à ce qu’elles se trouvent dans de bonnes conditions leur permettant d’achever leur métamorphose et de devenir cancéreuses.

Trouver les causes, pour essayer d’éviter aux cancers de se développer, c’est aussi l’une des missions des scientifiques !

Dans les années 1970, les médecins ont développé 3 armes principales pour traiter les cancers :

  • La chirurgie, consistant à enlever la tumeur quand c’est possible
  • La radiothérapie, consistant à essayer de la détruire en lui envoyant des rayons
  • Les chimiothérapies.

Récemment, une dernière c’est ajouté à la liste : les thérapies ciblées.

Chimiothérapies, thérapies ciblées, de quoi on parle ?

Les chimiothérapies sont des armes de destruction massive, l’équivalent d’une bombe atomique : elles détruisent toutes les cellules qui se multiplient vite, sans faire la différence entre les cellules normales et cancéreuses. Des cellules normales comme les cellules sanguines, les cellules produisant les cheveux, les cellules de la peau, peuvent donc être détruites… Les chimiothérapies sont donc efficaces mais peuvent entraîner des effets secondaires (fatigue, perte de cheveux, sécheresse de la peau…).

Depuis quelques années, les scientifiques essaient de développer des médicaments moins nocifs ciblant uniquement les cellules cancéreuses : on parle de thérapie ciblée. Elles agissent de manière précise. Pour développer ces thérapies, il faut identifier une cible qui existe uniquement dans les cellules cancéreuses afin de ne détruire QUE ces cellules. Les thérapies ciblées doivent s’adapter à chaque patient, puisque les cibles dans les tumeurs ne sont pas toujours les mêmes. L’enjeu est de guérir PLUS d’enfants avec ces thérapies ciblées et de les soigner MIEUX, en réduisant les effets secondaires.

Les médicaments contre le cancer résultent d’un long travail de conception, réalisé par plusieurs acteurs de la recherche. La recherche ? Ou plutôt les recherches, car il en existe plusieurs types :

  • La recherche fondamentale
  • La recherche translationnelle
  • La recherche clinique

Ça ne vous parle pas ? Bien, alors imaginez une maison : elle est constituée d’un sol, de plusieurs murs et d’un toit.

Le sol, c’est la recherche fondamentale. Elle sert à comprendre les bases moléculaires à l’origine des tumeurs et les mécanismes de résistance aux traitements. Pour faire simple : les chercheurs déchiffrent, modélisent, étudient le vivant à toutes les échelles pour mieux le comprendre et espèrent ainsi trouver le meilleur moyen d’éliminer la maladie.

Les murs sont la recherche translationnelle. Elle sert à connecter la recherche fondamentale et la recherche clinique. Elle teste des outils, des petites molécules, de nouveaux dispositifs issus des résultats de la recherche fondamentale, en espérant pouvoir le plus rapidement possible transformer l’essai et les mettre au service des patients.

Enfin, pour le toit, il s’agit justement de la recherche clinique qui a un objectif : trouver de nouveaux traitements plus efficaces contre les maladies, notamment à partir des résultats de la recherche fondamentale et translationnelle. Les cliniciens assemblent les molécules, testent de nouvelles combinaisons, tentent de cibler les anomalies qu’ils ont identifiées. Ils analysent les effets sur les patients, positifs ou négatifs. Ils comparent les bénéfices des différents traitements et les adaptent.

Comme les roues d’un engrenage, recherche fondamentale, recherche translationnelle, et recherche clinique marchent main dans la main pour comprendre et soigner les cancers de l’enfant. Cet engrenage peut sembler tourner trop lentement pour les patients qui attendent de nouveaux traitements. Le cancer est une maladie très complexe, et même si le comprendre pour développer de nouvelles armes, ça prend du temps, les scientifiques ne lâchent pas l’affaire.

Un chercheur, c’est une personne qui fait progresser les connaissances dans une discipline (biologie, chimie, économie…) pour nous aider à connaître le monde qui nous entoure. Son objectif ? Essayer de comprendre tout ce qu’on ne sait pas encore et trouver des solutions à des problèmes ou des questions qu’on se pose. Comme par exemple : qu’y avait-il avant le big bang ? comment détruire le plastique sans polluer ? ou bien encore comment lutter contre les cancers ?

Le chercheur se pose des questions et formule des hypothèses pour y répondre. Il observe le monde qui l’entoure, il l’étudie et réalise des expériences pour valider ou non ses hypothèses.

Par exemple, pourquoi les cellules cancéreuses résistent aux traitements. Ils cherchent ensuite des solutions. A chaque solution trouvée, il repart à l’attaque et se pose de nouvelles questions, les teste, pour aller TOUJOURS plus loin.

Le chercheur communique ses résultats, en les publiant dans des journaux, lors de réunions aux 4 coins de la planète, ou encore en enseignant notamment dans les universités.

Toujours motivé, vous voulez savoir comment faire ?

Pour devenir chercheur, il faut être curieux, passionné, inspiré, déterminé, original et patient. Ne pas avoir peur des échecs, toujours aller de l’avant !

Il y a plusieurs façons de devenir chercheur : faire une grande école, aller à l’université ou dans une école d’ingénieurs. Après 5 ans d’études, il faudra passer une thèse de doctorat : ça se passe dans un labo et la mission sera de résoudre une question ou un problème posé, sur quelque chose qu’on ne connait pas. Vous aurez 3 ou 4 ans pour le faire, mais vous ne serez pas tout seul ! Car le travail de recherche est un travail d’équipe !

Pourquoi devenir chercheur ? Parce qu’il n’y a pas d’autre métier donnant le sentiment d’être aussi libre, libre d’aller là où personne n’est encore allé, et de devenir l’explorateur des connaissances !

Motivé ? Alors go, on a besoin de vous !

L'actu en sciences 🗞

CAR-T cell, pour Chimeric Antigen Receptor T cell.

Dans notre corps, le système immunitaire est une armée à la recherche d’ennemis, qu’ils viennent de l’extérieur (bactéries, virus, champignons…) ou de l’intérieur (cellules abîmées). Les cellules T sont parmi les soldats les plus forts de cette armée : ils sont en charge d’attaquer directement les cellules anormales pour protéger le corps, et notamment de traquer et d’éliminer les cellules cancéreuses.

Malheureusement, les cellules cancéreuses sont rusées : elles se dissimulent, se font passer pour des cellules bien sous tous rapports et neutralisent ainsi le système immunitaire.

Récemment, des scientifiques ont eu une idée pour booster les cellules T : la thérapie cellulaire CAR-T. De quoi s’agit il ? Les cellules T détectent normalement les cellules anormales grâce à des petites étiquettes situées à leurs surfaces. La thérapie CAR-T consiste à entrainer les cellules T du patient pour qu’elles puissent reconnaitre les étiquettes des cellules de la tumeur.

Pour cela, les scientifiques doivent d’abord déchiffrer les étiquettes présentent sur les cellules cancéreuses : il faut être très précis et bien repérer celles qui leurs sont spécifiques, pour éviter de déclencher une réaction contre les cellules normales.

En quoi consiste une séance d’entrainement des cellules T ?

D’abord, on les prélève par une simple prise de sang. Puis, on les modifie (génétiquement), on leur donne des armes leur permettant de reconnaître spécifiquement les étiquettes des cellules cancéreuses. Ensuite, une fois que l’armée est prête, on réinjecte directement ces cellules au même patient : elles vont alors déclencher l’élimination des cellules cancéreuses.

Le système immunitaire est un ensemble de cellules capables de reconnaitre les éléments étrangers à notre corps, comme les virus et les bactéries. Voyons-le un peu comme une armée combattant chaque jour pour protéger notre corps. Cette vaillante armée est également capable d’éliminer nos propres cellules lorsque celles-ci sont endommagées. Ainsi, lorsque le système immunitaire détecte qu’une cellule est anormale et représente un danger potentiel pour le corps, il l’élimine.

Pourtant… les cellules cancéreuses parviennent souvent à lui échapper. Comment ? Elles sont rusées et développent des stratégies pour se dissimuler. Pire ! elles parviennent à faire croire qu’elles font partie du même camp. Comment ? Notamment en agitant des drapeaux blancs à leur surface, appelés immune checkpoints, pour indiquer qu’il n’y a aucun danger.

Evidemment, l’un des objectifs des scientifiques est de réveiller l’armée immunitaire et de la rendre plus forte avec une seule mission : détruire les cellules cancéreuses. C’est le principe de l’immunothérapie. Elle repose sur l’utilisation de médicaments capables de booster le système immunitaire. Pour cela, les immunothérapies agissent notamment en masquant les drapeaux blancs à la surface des cellules cancéreuses, ce qui réactive le système immunitaire, qui se rend compte que quelque chose n’est pas normal.

Depuis les années 2000, nous avons vu que l’immunothérapie est une approche prometteuse pour traiter les cancers adultes. Mais le système immunitaire des enfants est encore en phase d’entrainement et son fonctionnement n’est pas toujours aussi efficace que celui des adultes : l’enjeu des scientifiques est de développer des immunothérapies adaptées à cette jeune armée en cours de formation, pour lui donner également les moyens de démasquer les cellules cancéreuses.

L’intelligence artificielle, IA, c’est plus court, est née dans les années 50. Les scientifiques voulaient créer des machines capables de mimer et de raisonner comme le cerveau humain, ou au moins capables de l’aider.

L’intelligence artificielle, ce sont en fait des programmes informatiques qui réalisent des tâches complexes et multiples. Ces tâches sont les mêmes que celles du cerveau humain mais, avec des capacités beaucoup plus importantes. L’IA est capable de démultiplier les capacités de traitements d’un grand volume d’informations. En gros, quand mets 3h à faire ton devoir de maths, l’IA peut se charger de le faire en 30s.

Elle repose sur différents outils, dont le fameux réseau de neurones. Attention, ce ne sont pas de vrais neurones ! Chaque neurone en IA correspond à une unité capable d’effectuer des calculs lui permettant de traiter un problème précis. Le neurone transmet ensuite le résultat à son voisin, qui effectue un nouveau calcul…et ainsi de suite ! Ce réseau de neurones a donc la capacité au final de résoudre des questions délicates mobilisant beaucoup de données. Le réseau formé par tous ces neurones est d’abord entraîné pour apprendre à résoudre un problème particulier ensemble: c’est le deep learning ou apprentissage profond. Une fois entrainé, le réseau de neurones peut être utilisé.

À quoi peut bien service l’IA dans les cancers ?

L’IA est utile pour la recherche ! Oui, oui ! Depuis 10 ans, les progrès scientifiques permettent de rentrer au cœur de la tumeur pour déchiffrer son identité. De grande quantité d’informations ont alors été générées sous formes de chiffres et de lettres : on parle de big data. Vous l’aurez peut-être compris… Notre cerveau n’est pas capable de retenir TOUTES ces informations, et c’est là que l’IA entre dans le game.

Elle va stocker, et analyser globalement toutes ces données et en particulier, comparer l’identité des cellules cancéreuses à celles des cellules normales. L’objectif ? Trouver des différences pour expliquer l’origine des cellules cancéreuses.

L’IA est aussi utile en recherche clinique, pour améliorer la qualité des soins. Elle peut aider les médecins à établir un diagnostic ou à adapter un traitement, en analysant tous les critères possibles en fonction de chaque patient : c’est ce qu’on appelle la médecine personnalisée.

Pour lutter contre les cancers, les scientifiques ont besoin de les comprendre. Et pour les comprendre, il faut pouvoir travailler dessus, observer les cellules cancéreuses, savoir comment elles réagissent, qu’elles sont leurs anomalies et comment les cibler.

Il nous faut donc un modèle. Mais pas n’importe lequel ! Un modèle qui soit le plus proche possible de ce qu’on peut trouver chez un patient. Un modèle ayant les mêmes caractéristiques, à partir duquel on puisse prédire les réactions des cellules cancéreuses, pour développer des traitements efficaces.

Depuis quelques années, des modèles 3.0 se sont développés : on les appelle tumoroïdes. Ce sont des modèles établis à partir d’un minuscule échantillon de la tumeur d’un patient, prélevé au moment du diagnostic. Les scientifiques mettent ce minuscule échantillon en culture dans des conditions reproduisant exactement celles existant autour de la tumeur dans le corps. C’est un travail long et complexe, permettant de reconstituer des minis-tumeurs dans des boîtes. Elles vont reproduire exactement les caractéristiques de la tumeur du patient : ce sont les tumoroïdes.

Ces tumoroïdes sont des outils superpuissants pour comprendre les cancers. Ils permettent d’aller les étudier au plus près, de définir leur identité, de comprendre pourquoi et comment certains sont plus agressives que d’autres. Ils permettent de prédire comment ils vont évoluer ou réagir à différents médicaments. On pourrait donc adapter le traitement à un patient, en fonction de la réponse de son tumoroïde à un médicament.

Plusieurs équipes travaillent actuellement à mettre au point des tumoroïdes de cancers chez l’enfant. Ils seront certainement des outils de pointe pour nous aider à lutter contre ces cancers dans les toutes prochaines années !